Le blog des éditions Libertalia

Nous refusons dans Le Matin d’Algérie

lundi 5 janvier 2026 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié dans Le Matin d’Algérie, le 1er décembre 2025.

Avec Nous refusons – Dire non à l’armée en Israël, Martin Barzilai signe un travail d’une rare densité, à la fois rigoureux et profondément humain.

Son livre met en lumière un pan presque invisible de la société israélienne : celles et ceux qui refusent de servir dans une armée érigée en pilier identitaire et moral de l’État. À l’heure où Israël traverse une crise politique, sociale et éthique d’une ampleur inédite, cet ouvrage apparaît comme un outil indispensable pour comprendre les lignes de fracture internes qui secouent le pays.
Dès les premières pages, une méthode se dégage. Barzilai ne livre ni un réquisitoire ni un plaidoyer. Il adopte un regard de terrain, attentif, patient, proche d’une démarche anthropologique. Il recueille les trajectoires individuelles, explore les dilemmes, observe les nuances : celles des pacifistes, des militants de gauche, des ultra-orthodoxes, des jeunes en rupture avec un système militarisé jusqu’aux fondations. Et il précise un point essentiel : contrairement à ce que beaucoup imaginent, il n’a pas interviewé d’Arabes israéliens dans Nous refusons. Seul un Druze figure dans son premier ouvrage, Refuzniks.
Cette précision n’enlève rien à la portée du livre. Elle éclaire même un élément central : la diversité interne du refus, la pluralité de ses ressorts, l’intensité intime qui accompagne ces gestes de dissidence. Car en Israël, dire non à l’armée ne relève pas de la simple objection morale. C’est un acte qui expose à la stigmatisation, au silence familial, à l’isolement social, parfois à l’emprisonnement. Le livre montre comment ce refus engage des vies entières, fend des trajectoires personnelles et recompose des identités.
Barzilai rappelle aussi que cette contestation n’est pas nouvelle. Depuis les années 1970, des voix s’élèvent contre les guerres successives, l’occupation, la banalisation de l’état d’exception. Ces refus s’inscrivent dans une histoire longue, souvent méconnue, faite de lettres ouvertes, de groupes de soutien, de campagnes publiques, de stratégies juridiques. Le livre dévoile les moments où un jeune citoyen décide que participer à la mécanique militaire est devenu moralement intenable.
L’auteur explore également les formes contemporaines de ces engagements : collectifs féministes, mouvements queer, réseaux numériques, initiatives de solidarité. Il montre un univers où le refus n’est pas seulement individuel ; il est aussi collectif, structuré, réfléchi — mais encore minoritaire. Ce caractère minoritaire n’en atténue pas la portée. Au contraire : il souligne la force politique d’une contestation qui interroge le cœur d’un récit national fondé sur la centralité de l’armée.
Ce qui fait la singularité de Nous refusons, c’est la manière dont Barzilai laisse les voix parler. Pas d’emphase, pas de surplomb. Une écriture précise, directe, qui restitue la complexité d’une société fragmentée, traversée par la peur, la mémoire, la violence et le doute. Le livre offre un miroir d’Israël tel qu’on le voit rarement : non plus comme une forteresse unanime, mais comme un espace de tensions internes où certains tentent d’ouvrir des brèches.
Dans une période marquée par la crispation sécuritaire, l’effondrement du débat public et la radicalisation des politiques gouvernementales, le livre apparaît comme un geste salutaire. Il rappelle que l’histoire ne se réduit jamais à la logique de puissance. Elle est aussi faite de résistances, de refus, de lignes fragiles que des individus décident pourtant de tracer.
Avec ce travail, Barzilai donne de la visibilité à un mouvement encore marginal, mais porteur d’une interrogation profonde : que devient une société qui ne tolère plus la dissidence ? Et que reste-t-il d’une démocratie quand la contestation de l’institution la plus sacrée – l’armée – est perçue comme une trahison ?
À travers ces récits, Nous refusons fait apparaître un Israël fissuré, où la contestation surgit de l’intérieur même du système. Un ouvrage essentiel pour comprendre un pays qui ne cesse de se redéfinir sous le poids de son histoire, de ses choix politiques et de ses contradictions.

Djamal Guettala 

Tokyo 68 dans En attendant Nadeau

lundi 5 janvier 2026 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié sur En attendant Nadeau, le 16 décembre 2025.

1968, Tokyo et l’université Todai ; 1979, Longwy et ses hauts fourneaux. Une mobilisation étudiante, une mobilisation ouvrière et deux foyers de ces années incandescentes. À dix ans d’intervalle et plus de dix mille kilomètres de distance, un fil rouge les relie : celui du refus radical d’un monde façonné pour les seuls puissants que deux ouvrages récents nous invitent à retrouver.

Tokyo 68, le roman graphique d’Hélène Aldeguer (au dessin) et Chelsea Szendi Schieder (au scénario), est une immersion dans la Nouvelle Gauche japonaise. Sur le sujet, il y avait eu le livre de Bernard Béraud, La Gauche révolutionnaire au Japon, paru en 1970 dans la collection « Combats » au Seuil, aujourd’hui introuvable. Quelques contributions ont été publiées depuis pour les commémorations de 1968 : par exemple celle d’Alain Brossat en 2008 dans 68, une histoire collective sous la direction de Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel à La Découverte. Autant dire que cette bande dessinée contribue à combler un vide éditorial. En langue française tout du moins puisque la scénariste, également universitaire, a écrit Coed Revolution. The Female Student in the Japanese New Left (Duke University Press, 2021 – non traduit).
Ici, deux personnages de fiction, Hiromi Ôzawa et Kazuko Takahashi, sont nos guides. Deux amies, étudiantes à la prestigieuse université Todai, la première en littérature française, la seconde en science. Avec un angle féministe assumé, les autrices saisissent les nuances de cette histoire au travers de leurs parcours.
L’action se déroule de la rentrée universitaire 1967-1968 au début de l’année 1969. Elle plonge ses racines dans l’expérience de la Zengakuren, la Fédération japonaise des associations autonomes d’étudiants. Cette organisation, fondée en 1948, traversée de factions adverses, articule activité corporative et anti-impérialisme prononcé. Le Japon est alors une base arrière de l’armée US et le traité de sécurité nippo-américain est contesté par une jeunesse qui se radicalise à la gauche du Parti communiste. Elle ne veut pas seulement la paix, mais la victoire du socialisme. Leur slogan phare : « Anti-impérialisme, anti-stalinisme ». Dans les premières années 1960 s’inaugure une stratégie extra-parlementaire faite de démonstrations et d’affrontements de masse. Les casques et les bâtons de la Zengakuren entrent avec fracas dans l’imaginaire des années 68 – et le trait d’Hélène Aldeguer, habitué à croquer manifestations et révolutions, sait en rendre l’esthétique. Mais la violence a un coût élevé : la mort de l’étudiante Kanba Michiko en 1960 ouvre le récit (et la solide préface de l’ouvrage). Sa figure imprègne l’histoire et marque nos deux personnages. L’engagement structure progressivement leur vie, impacte leur cadre familial. Partout dans le monde, la guerre du Vietnam est un coup d’accélérateur pour la révolte de la jeunesse.
La circulation transnationale des motifs et formes de contestation est bien présente : dans les discussions des étudiant·es tokyotes on entend parler de la Tchécoslovaquie ou de la JCR française (la Jeunesse communiste révolutionnaire d’Alain Krivine et Daniel Bensaïd). En miroir du 22 mars à Nanterre, les étudiants en médecine se barricadent le 15 juin 1968 dans la Tour de l’horloge de l’université Todai. Leur expulsion par la police anti-émeute met le feu aux poudres. La grève illimitée gagne tous les départements et le 5 juillet lors d’une assemblée générale géante tenue dans la même Tour de l’horloge (décidément épicentre de l’histoire) le Zenkyoto de Todai est constitué.
Sorte de soviet étudiant, il se distingue de la Zengakuren par son horizontalité. Une forte défiance des factions s’y exprime. Dans la scène de l’AG qui vote la grève en fac de Lettres, des étudiants exigent symboliquement des orateurs qu’ils enlèvent leur casques – chaque faction a le sien. Kazuko espère : « Peut-être qu’on va avoir quelque chose de différent du sectarisme habituel. » L’album décrit aussi bien l’aspect démocratique de la lutte – assembléisme et village de tentes – que ses dérives – hostilité violente entre factions rivales, intransigeance, virilisme et travers patriarcaux. Hiromi revêt le casque et rejoint la Ligue marxiste-léniniste, l’un des groupes les plus radicaux, quand Kazuko s’implique dans le secours aux blessés. Si le rapport à la violence met à mal leur amitié, chacune offre alors aux lectrices et aux lecteurs un des visages de ce qui demeure un mouvement commun.
Un combat encore traverse le récit à plusieurs reprises : celui des paysan·nes contre la construction de l’aéroport de Narita. Avec un autre personnage pour passeur : Tanaka, étudiant maoïste établi sur les terres de Sanrizuka. Hiromi et Kazuko, admiratives d’une résistance populaire authentique, iront lui rendre visite et participer aux travaux des champs à ses côtés.

Théo Roumier

Lettres pour un avortement illégal, dans En attendant Nadeau

lundi 5 janvier 2026 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié sur En attendant Nadeau, le 30 décembre 2025.

« Étant dans un cas désespéré »

Nous découvrons un recueil de lettres envoyées par des anonymes au professeur Paul Milliez (1912-1994) afin d’obtenir des informations quant à la possibilité de pratiquer un avortement illégal, quelques années avant la loi Veil du 17 janvier 1975. Alternant textes retranscrits et fac-similés des lettres, le livre est parcouru par une émotion politique nous rappelant que l’archive est une matière qui nous oblige.

Grâce à une maquette qui rend à chaque lettre son existence matérielle, à travers des photographies en gros plan et un cahier couleur en son milieu, le livre nous fait entrer dans la réalité de l’archive. On constate ainsi le tremblé d’une écriture, la granularité d’un feuillet ou le froissé d’une lettre. Autant d’artefacts qui contribuent aux sentiments mêlés qui nous étreignent durant la lecture. La détresse de ces femmes qui ont écrit ces lettres il y a plus de cinquante ans nous atteint encore.
Comme souvent avec l’archive, on a le sentiment d’entrer par effraction. Ces lettres ne devaient être lues que par le professeur Milliez. Elles ont été écrites dans un contexte d’urgence, la situation de femmes enceintes sans le vouloir, qui n’ont, la plupart du temps, pas les moyens nécessaires à l’éducation et à la prise en charge d’un enfant – souvent des femmes qui sont déjà mères de trois ou quatre enfants.
Dès l’exergue, Annie Ernaux nous le dit : « Ces lettres sont la preuve absolue, aveuglante, que les femmes pauvres n’avaient aucun moyen d’avorter, qu’elles étaient les victimes de la loi de 1920, les plus riches et celles qui avaient des relations trouvaient facilement des solutions. » Elles sont pleines encore de l’inquiétude et de la précipitation qui habitaient ces femmes. « J’ai six enfants » ; « Je suis désespérée » ; « Étant dans un cas désespéré » ; « C’est avec un grand espoir que je m’adresse à vous » ; « Je n’arrive pas assez à gagner ma vie pour moi et mes 2 gosses ».
Quelques-unes sont écrites dans un style direct et décidé, mais la plupart soulignent la difficulté de la situation. Souvent, ces femmes insistent sur leur situation de mère de famille et d’épouse, comme si, dans un geste de prudence, elles se prévalaient tout d’abord de la légitimité que leur donnent des institutions dont elles s’apprêtent à s’émanciper (le patriarcat, la famille, la conjugalité). Leurs lettres décrivent les difficultés du quotidien, les tâches dont elles s’acquittent, le nombre d’enfants dont elles doivent s’occuper.

Cet acte clandestin, il faut bien mesurer ce qu’il contient de révolutionnaire : en appelant à ce que soit reconnu leur libre arbitre, elles s’affirment en tant que sujets politiques à part entière. On mentionne, ici ou là, l’insistance sexuelle de certains époux, dépeignant ainsi des situations que l’on qualifierait aujourd’hui de viols conjugaux. Impossible de ne pas se demander quelle était leur part de choix dans la mise au monde de leurs précédents enfants. Désormais, disent-elles, elles veulent choisir, c’est-à-dire pouvoir être considérées autrement qu’en fonction de leur puissance de procréation. « Choisir », c’est d’ailleurs le nom de l’association qui publie ces lettres, Choisir la cause des femmes, fondée en juin 1971 par Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et quelques autres. Ce verbe « exprime au scalpel le droit des femmes à décider de procréer – ou non » aux yeux de Gisèle Halimi.
La postface, en plus de précisions théoriques sur le combat pour la « justice reproductive » – une notion qui permet de prendre en considération les luttes anticoloniales de femmes stérilisées de force par les pouvoirs impérialistes –, indique les circonstances dans lesquelles ce livre est né. Au moment du premier confinement de 2020, quelques militantes féministes de Choisir se regroupent. Elles décident de lire ces lettres. L’acte revêt quelque chose de clandestin. Elles n’étaient pas censées en être les lectrices. Mais, très vite, l’importance historique de ces lettres prend le dessus. Ces feuilles de papier témoignent trop bien de la situation des femmes avant la loi Veil pour être tues. Elles sont l’archive d’un acte de courage, extralégal – et la récurrence de ces actes illégaux sera d’ailleurs un des arguments dont usera Gisèle Halimi afin de convaincre le législateur de modifier la loi.
Soudain, il devient évident pour les militantes de Choisir qu’il faut faire apparaître au grand jour ce qui ne devait jamais l’être, comme une façon de rendre hommage à la vaillance de ces femmes. L’acte interdit que demandent ces lettres prend place de plain-pied dans l’histoire des luttes féministes pour l’émancipation. Ces archives relatent une certaine diversité de situations. Parfois, on écrit pour une fille, pour une voisine, pour une conjointe. Toutes les lettres ne sont pas l’expression d’un désir d’avortement. La première du recueil est ainsi une lettre de remerciements à la suite d’un rendez-vous, où les futurs parents disent avoir « très bien accepté » leur sort, un avortement n’étant plus possible puisque la grossesse en était à un stade trop avancé. Cette acceptation a été favorisée, selon eux, par un rendez-vous qui leur a permis de discuter librement des réalités de l’avortement.
La majorité des lettres dépeint une situation autrement plus difficile. Selon certaines théoriciennes marxistes – on pourrait citer Silvia Federici – ou écoféministes – on pense notamment à Françoise d’Eaubonne –, le capitalisme patriarcal met au travail le corps des femmes pour garantir sa survie. S’il faut mettre au travail les forces de production, la pérennisation de ces dernières dépend de la mise au travail des forces de reproduction. Or, c’est bien un assujettissement au travail reproductif qui nous saute aux yeux dans certaines lettres.
Dans ces trois lettres-ci, par exemple : « Je suis en instance de divorce et j’ai 4 enfants à ma charge, et j’attends le 5e et vu que je ne peux pas travailler avec 4 enfants. […] Vu que mon mari ne s’occupe même pas de ses enfants » ; « Lorsque le 4e est né, notre aînée venait d’avoir 4 ans vous dire le travail que cela fait quand il n’y a pas d’aide derrière » ; « Notre fille aînée qui va avoir 23 ans est Maman de deux petits enfants et se retrouve enceinte de six semaines, et pour vous dire, c’est que depuis qu’elle est mariée, elle est toujours seule car, son mari travaille chez ses parents agriculteurs. »
Ou encore, dans une autre : « Je suis enceinte et ne veux absolument pas de cet enfant en ayant déjà 5 et un mari malade du cœur. J’ai fait tout ce que je pouvais pour faire une fausse couche mais rien n’y fait. J’ai donc pris une assurance-vie et ainsi je pourrai me suicider sans laisser mon mari et mes enfants dans le besoin […]. Mais ce qui m’ennuie dans ce projet c’est mon petit enfant de 3 ans. Il est toujours derrière moi et dès qu’il ne me voit plus m’appelle et me cherche partout, même la nuit en dormant il m’appelle je lui fais 2 ou 3 chut et il se rendort paisiblement. » Cette femme évoque le suicide. Elle n’est pas la seule dans ce recueil. Alors que l’arrêt Roe v. Wade a été révoqué par la Cour suprême des États-Unis en 2022, alors que le droit à la justice reproductive ne cesse d’être attaqué en Europe et ailleurs, Lettres pour un avortement illégal nous rappelle que les mouvements pro-life portent décidément bien mal leur nom.

Baptiste Fauché

Du fond des océans les montagnes sont plus grandes, dans Fracas

lundi 5 janvier 2026 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié dans Fracas, numéro 6, hiver 2026.

Depuis le succès de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce (Libertalia, 2019), Corinne Morel Darleux creuse une forme originale, à l’image de son identité fluide d’essayiste, de romancière et de militante écosocialiste. À la croisée de l’essai et du carnet littéraire, elle a poursuivi l’écriture de ces textes brefs articulant lucidité et émerveillement dans Alors nous irons trouver la beauté ailleurs (Libertalia, 2023). Elle y revient avec ce nouveau récit, Du fond des océans les montagnes sont plus grandes, inspiré d’une expérience sur le Why, un voilier de l’organisation Under The Pole, qui mène des expéditions scientifiques et des explorations sous-marines. Peu habituée à la vie en mer, Corinne Morel Darleux nous restitue son éblouissement devant la vie sous-marine, son indignation face à ce qui menace ce monde et nous invite à partager une traversée qui l’a changée. Désormais, l’océan n’est plus seulement un paysage, mais se trouve « peuplé de mots curieux, de gorgones et de coraux noirs, de forêts animales et de plancton bioluminescent ».

Youness Bousenna

Du fond des océans les montagnes sont plus grandes, dans La Décroissance

lundi 5 janvier 2026 :: Permalien

— REVUE de PRESSE —

Publié dans La Décroissance, janvier-février 2026.

Plongée.

Depuis son livre à succès Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Corinne Morel Darleux s’efforce de parler de décroissance en s’adressant à « la part sensible » de ses lecteurs, en cherchant à les « affecter ». Car l’écologie politique ne relève pas d’une ingénierie visant à améliorer l’efficacité de la société technicienne pour réduire son empreinte carbone ; elle est une révolte vitale contre l’artificialisation et la marchandisation du monde. Dans son nouvel ouvrage, Du fond des océans les montagnes sont plus grandes, l’écrivaine nous embarque dans le golfe du Honduras, en compagnie des scientifiques d’Under the Pole, à la découverte de la zone mésomorphique. C’est-à-dire une zone située entre 30 et 200 mètres de profondeur, des « forêts animales marines » où la vie est particulièrement foisonnante mais aussi méconnue, fragile et menacée. Notamment par le chalutage, la pollution plastique, le réchauffement climatique et l’acidification des océans. « La zone mésophotique a besoin de renforts, de relais et d’émissaires, de tous les scientifiques, marins, artistes, navigatrices et aventuriers, biologistes, exploratrices, climatologues, plongeuses et poètes, amoureux de la mer ; elle a besoin que nous rendions visible l’invisible et que nous portions haut ses couleurs par la science, l’art, la raison et les sentiments », écrit Corinne Morel Darleux. Son livre y contribuera.

P. T.