À bas la critique et vive le Québec libre !
jeudi 29 octobre 2009 à 09:18 :: Permalien :: rss
(et gloire immortelle à l'inoubliable Raymond Cousse !)
Sur internet, quand tu fais un blog, hormis les vilains zorros anonymes qui t'agonisent ou qui te menacent bien planqués derrière leur pseudo d'impuissant mytho, tu te fais aussi plein de copains. En général sont d'emblée vachement cordiaux, laudateurs, mais z'ont une facheuse tendance à se désintégrer aussi rapido qu'ils étaient apparus.
Avec Pat eul québecquois ça fait plus d'un an qu'on s'écrit, m'a envoyé par la poste un bouquin de Jean Narrache l'équivalent québecquois de Jehan Rictus, sinon il a cru que je déconnais quand j'ai flippé le jour ou il s'est mis en devoir de chatter avec moi sur ma boite gmail, j'étais pas au jus, pour moi c'était de la sorcellerie.
Sur internet, quand tu fais un blog, hormis les vilains zorros anonymes qui t'agonisent ou qui te menacent bien planqués derrière leur pseudo d'impuissant mytho, tu te fais aussi plein de copains. En général sont d'emblée vachement cordiaux, laudateurs, mais z'ont une facheuse tendance à se désintégrer aussi rapido qu'ils étaient apparus.
Avec Pat eul québecquois ça fait plus d'un an qu'on s'écrit, m'a envoyé par la poste un bouquin de Jean Narrache l'équivalent québecquois de Jehan Rictus, sinon il a cru que je déconnais quand j'ai flippé le jour ou il s'est mis en devoir de chatter avec moi sur ma boite gmail, j'étais pas au jus, pour moi c'était de la sorcellerie.
Comme le lascar est discret, pas ramenard ni va de la gueule pour un sou , c'est quasiment par accident que je suis tombé sur le site ou il raconte de bien belles histoires. Critique ,c'est pas mon taf, tout ce que je peux dire, c'est que ça chante puissammment à mes esgourdes, je connais pas la voix de Pat, mais quand je le lis j 'ai l'impression qu'il est à coté de moi, à me débaltérer ses avanies en jargon de la bàs.
Ca s'appelle Djonk, En vla un petit bout :
« J'étais en manque la première fois que je l'ai rencontré, c'était l'heure du souper. L'automne approchait, il commençait à faire noir, un vieux lampadaire grésillait de peine et de misère au-dessus de nos têtes. Fallait vraiment être mal pris pour venir manger là, je l'étais, en ligne parmi une centaine d'autres perdus sur le trottoir devant la Salvation Army.
La Sally Ann au nord de la rue Hasting était le dernier recours pour le monde de la rue, la pire place sur le continent que j'ai connu de ma vie. De toutes les missions du coin, la dernière ou tu voulais aller. Ils servaient ce qu'on appelait de la sloppe, j'ai toujours cru que c'était de restants de table qu'ils ramassaient pendant le jour dans les poubelles de restaurants et qu'ils nous resservaient, le soir, en gibelotte dans une sauce brun morve. Dans ton assiette, il pouvait y avoir des morceaux de poissons, dans celle de ton voisin, des bouts de viande et dans une autre, des mottons de pâte, on ne savait jamais réellement ce qu'on mangeait, on se fermait les yeux et on avalait en vitesse jusqu'à plus faim. Tout ce qui comptait.
Il restait une quinzaine de minutes avant qu'on ouvre la porte pour nous évangéliser avec des chansons de Jésus et des sermons. J'ai sorti ma blague de tabac remplie de mégots et je me suis roulé une cigarette. J'allais l'allumer quand il m'a tiré après la manche pour m'en bummer une. À son accent gros comme le bras j'ai tout de suite compris qu'il venait du Québec. Jean-René, qu'il s'appelait. Il portait des guenilles et il faisait presque peur tellement il était maigre et crasseux. On s'est salué et raconté nos histoires, l'usuel d'ou on venait et le comment du pourquoi on avait échoué ici. Il a essayé de me vendre une seringue comme si j'étais un débutant, je lui ai demandé s'il pouvait trouver de la China White, il m'a répondu que non. Après le repas il allait scorer de la coke à un latino cool et je pouvais le suivre si je le voulais, bof, que j'ai dit, pourquoi pas, je n'avais rien de mieux à faire. C'est ainsi que fonctionnent les bêtes sur Skidrow, elles se piffent, se battent, vont leur chemin ou partagent leur pitance. En plus d'être sympathique et streetwise, il était le premier francophone sauté sur qui je tombais depuis mon arrivée...»
La suite sur : http://calepinsdjonk.blogspot.com
The Clash - Junco Partner
Ca s'appelle Djonk, En vla un petit bout :
« J'étais en manque la première fois que je l'ai rencontré, c'était l'heure du souper. L'automne approchait, il commençait à faire noir, un vieux lampadaire grésillait de peine et de misère au-dessus de nos têtes. Fallait vraiment être mal pris pour venir manger là, je l'étais, en ligne parmi une centaine d'autres perdus sur le trottoir devant la Salvation Army.
La Sally Ann au nord de la rue Hasting était le dernier recours pour le monde de la rue, la pire place sur le continent que j'ai connu de ma vie. De toutes les missions du coin, la dernière ou tu voulais aller. Ils servaient ce qu'on appelait de la sloppe, j'ai toujours cru que c'était de restants de table qu'ils ramassaient pendant le jour dans les poubelles de restaurants et qu'ils nous resservaient, le soir, en gibelotte dans une sauce brun morve. Dans ton assiette, il pouvait y avoir des morceaux de poissons, dans celle de ton voisin, des bouts de viande et dans une autre, des mottons de pâte, on ne savait jamais réellement ce qu'on mangeait, on se fermait les yeux et on avalait en vitesse jusqu'à plus faim. Tout ce qui comptait.
Il restait une quinzaine de minutes avant qu'on ouvre la porte pour nous évangéliser avec des chansons de Jésus et des sermons. J'ai sorti ma blague de tabac remplie de mégots et je me suis roulé une cigarette. J'allais l'allumer quand il m'a tiré après la manche pour m'en bummer une. À son accent gros comme le bras j'ai tout de suite compris qu'il venait du Québec. Jean-René, qu'il s'appelait. Il portait des guenilles et il faisait presque peur tellement il était maigre et crasseux. On s'est salué et raconté nos histoires, l'usuel d'ou on venait et le comment du pourquoi on avait échoué ici. Il a essayé de me vendre une seringue comme si j'étais un débutant, je lui ai demandé s'il pouvait trouver de la China White, il m'a répondu que non. Après le repas il allait scorer de la coke à un latino cool et je pouvais le suivre si je le voulais, bof, que j'ai dit, pourquoi pas, je n'avais rien de mieux à faire. C'est ainsi que fonctionnent les bêtes sur Skidrow, elles se piffent, se battent, vont leur chemin ou partagent leur pitance. En plus d'être sympathique et streetwise, il était le premier francophone sauté sur qui je tombais depuis mon arrivée...»
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Thierry Pelletier








Commentaires
1. Le jeudi 29 octobre 2009 à 16:35, par Marignac
2. Le jeudi 31 décembre 2009 à 14:02, par Nathanaël
3. Le jeudi 31 décembre 2009 à 19:37, par Pat Caza
4. Le mercredi 10 février 2010 à 23:57, par Laurent
5. Le mercredi 10 mars 2010 à 02:31, par SKAKA78ELANCOURT
6. Le mercredi 31 mars 2010 à 21:38, par don migo
7. Le dimanche 30 janvier 2011 à 11:10, par Lulu
8. Le mardi 9 août 2011 à 17:04, par birthday cakes Sydney
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