Les Rois du Rock
vendredi 5 décembre 2008 à 22:00 :: Permalien :: rss
Février 86, 10 centimètres de neige sur l'autoroute, la cohue sur les aires de repos et dans les stations-service, Bugs et Serdar en profitent pour chouraver à tour de bras. Salades Mexicana, sifflard, Ballantines, on ripaille comme des seigneurs dans la R5 qui tente, à 20 à l'heure, de rallier Paris depuis Cholet.
Concert des Wampas et des Daltons, hier soir à la MJC, on a fini à 10 poilus, hilares, au foyer de jeunes travailleurs, nib de groupies...
À ce train-là , il va nous falloir plus de 10 heures avant de regagner nos banlieusardes pénâtes, heureusement qu'on a à boire et à jaffer. Serrés les uns contre les autres, l'estomac bien calé, de nouveau presque bourrés, on a tout notre temps pour réfléchir, élever le débat. C'est ça ou les concours de pets...
On cherche dans le blizzard ce qu'on a en commun, ce qui a bien a bien pu tous nous amener au sacerdoce rock'n'rollien, à déambuler chaque jour de notre vie, sous les sarcasmes de nos contemporains, dans nos grosses chausssures et nos dégaines d'aliens, ce qui nous pousse à dépenser autant de temps et d'énergie à élaborer nos impressionnants mais fragiles échafaudages capillaires, à nous démater avec autant d'application, à faire quotidiennement autant de kilomètres pour jouer ou entendre jouer, à dépenser notre peu d'oseille dans les répètes, les sapes, les skeuds...
Une réelle passion pour la musique ? La frime ? Faire chier nos parents, nos semblables ? Aucune réponse n'était satisfaisante à elle seule. C'est Didier finalement qui allait présenter la motion qui serait adoptée à l'unanimité : nous avions tous, minots, connu l'humiliation quasi-quotidienne d'être choisis parmi les tout derniers quand les copains tiraient les équipes de foot dans la cour de récré, et nous étions de surcroît bien trop timides pour adresser la parole aux filles.
Nous avions pourtant très rapidement compris que le milieu punko rock'n'rollien dans lequel nous tentions d'évoluer baignait dans une ambiance à peu près aussi couillue que celle d'un vestiaire d'ahuris baballeurs, dans les concerts on chopait plus facilement des mandales que des princesses.
Dans de telles conditions, tirer un coup aller s'avérer aussi difficile que de marquer un but...
Qu'importe, notre foi était intacte, nous restions persuadés que des cohortes de punkettes et de psychobilettes se bousculeraient bientôt pour nous chevaucher le panais, le jour qu'on serait les Rois du Rock !
PS : vive le sabotage, vive le terrorisme épicier et potager, réveille-toi Gérard Nicoud, libérez Felix Potin et Goulet Turpin !
CRAZY CAVAN- Teddy Jive (Great Yearmouth 1979)
À ce train-là , il va nous falloir plus de 10 heures avant de regagner nos banlieusardes pénâtes, heureusement qu'on a à boire et à jaffer. Serrés les uns contre les autres, l'estomac bien calé, de nouveau presque bourrés, on a tout notre temps pour réfléchir, élever le débat. C'est ça ou les concours de pets...
On cherche dans le blizzard ce qu'on a en commun, ce qui a bien a bien pu tous nous amener au sacerdoce rock'n'rollien, à déambuler chaque jour de notre vie, sous les sarcasmes de nos contemporains, dans nos grosses chausssures et nos dégaines d'aliens, ce qui nous pousse à dépenser autant de temps et d'énergie à élaborer nos impressionnants mais fragiles échafaudages capillaires, à nous démater avec autant d'application, à faire quotidiennement autant de kilomètres pour jouer ou entendre jouer, à dépenser notre peu d'oseille dans les répètes, les sapes, les skeuds...
Une réelle passion pour la musique ? La frime ? Faire chier nos parents, nos semblables ? Aucune réponse n'était satisfaisante à elle seule. C'est Didier finalement qui allait présenter la motion qui serait adoptée à l'unanimité : nous avions tous, minots, connu l'humiliation quasi-quotidienne d'être choisis parmi les tout derniers quand les copains tiraient les équipes de foot dans la cour de récré, et nous étions de surcroît bien trop timides pour adresser la parole aux filles.
Nous avions pourtant très rapidement compris que le milieu punko rock'n'rollien dans lequel nous tentions d'évoluer baignait dans une ambiance à peu près aussi couillue que celle d'un vestiaire d'ahuris baballeurs, dans les concerts on chopait plus facilement des mandales que des princesses.
Dans de telles conditions, tirer un coup aller s'avérer aussi difficile que de marquer un but...
Qu'importe, notre foi était intacte, nous restions persuadés que des cohortes de punkettes et de psychobilettes se bousculeraient bientôt pour nous chevaucher le panais, le jour qu'on serait les Rois du Rock !

Serdar, le cauchemar des épicemars
PS : vive le sabotage, vive le terrorisme épicier et potager, réveille-toi Gérard Nicoud, libérez Felix Potin et Goulet Turpin !
CRAZY CAVAN- Teddy Jive (Great Yearmouth 1979)
Thierry Pelletier








Commentaires
1. Le samedi 6 décembre 2008 à 09:19, par ->XtoF
2. Le samedi 6 décembre 2008 à 10:24, par jerrytol du Nord
3. Le samedi 6 décembre 2008 à 16:47, par La Sardine Masquée duPort
4. Le dimanche 7 décembre 2008 à 04:12, par freakfeatherfall
5. Le lundi 8 décembre 2008 à 15:32, par La Louve
6. Le mercredi 10 décembre 2008 à 10:11, par Simon
7. Le mercredi 10 décembre 2008 à 13:53, par Alex
8. Le dimanche 14 décembre 2008 à 21:01, par Alex
9. Le lundi 29 décembre 2008 à 18:07, par alain Renaldini
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